World Library  


QR link for X²=-2 : Les intermondes: Les intermondes
Open EEWOWW
Add to Book Shelf
Flag as Inappropriate
Email this Book

X²=-2 : Les intermondes: Les intermondes

By Regale, Eau

Click here to view

Book Id: WPLBN0002821997
Format Type: PDF (eBook)
File Size: 545.24 kb
Reproduction Date: 12/21/2012

Title: X²=-2 : Les intermondes: Les intermondes  
Author: Regale, Eau
Volume:
Language: French
Subject: Non Fiction, Philosophy, Reference
Collections: Short Stories, Authors Community, Philosophy, Cultural Studies, Technology, Most Popular Books in China, Literature, French Literature Collection, Romance Language Literature Collection
Historic
Publication Date:
Publisher: Eau Regale
Member Page: eau regale

Citation

APA MLA Chicago

Regaleitor, E. (Ed.). (n.d.). X²=-2 : Les intermondes. Retrieved from http://www.self.gutenberg.org/


Description
14 nouvelles courtes (7 à 18 pages), des nouvelles loufoques qui jouent de l'ironie et de la dérision. Thèmes: les espèces, la condition humaine...

Summary
Nouvelles surréalistes

Excerpt
La condition humaine La dernière fois que je suis né, c'était dans une fort ingrate condition ; j'avais deux bras et deux jambes reliés entre eux par un buste surmonté d'une tête et doté dans sa partie inférieure d'un appareillage excréteur correspondant à la tête. Après ma naissance, de longs mois durant je suis resté couché sur le dos, totalement impuissant, entièrement livré à ceux qui s'affairaient autour de moi pour me maintenir en vie. Le plus effrayant, c’est qu'ils n'avaient pas l'air de savoir comment faire ! ils avaient l'air aussi désemparés que moi. En ce temps-là, je ne sais pas pourquoi, mon corps portait tout à sa bouche : ses mains, ses pieds, et puis surtout cet espèce de renflement brunâtre qui pointait fermement et tendrement au bout d'une baudruche blanchâtre de laquelle sourdait un jus animal sous le regard — complice ou détaché — et le sourire — enjoué ou fatigué — de la tête perchée au-dessus. Plusieurs fois par jour, je m'entendais crier de peur, de faim, de frustration, comme de joie, de douleur, de chagrin. Cela pouvait durer longtemps : ceux qui s'occupaient de moi ne s'occupaient pas toujours de moi. Parfois, ils venaient me voir et repartaient aussitôt en claquant la porte, me laissant à mes cris jusqu'à ce que les forces m'abandonnent : je me sentais alors dans le plus simple appareil, prisonnier de mon corps impotent, perdu dans le vide, dans le dénuement total, rongé par la soude de la désespérance. Ce malheur était cependant un moindre mal si je le compare à ce qu’il advenait de moi, lorsque je me faisais secouer, admonester, voire même rudoyer. Heureusement, je passais le plus clair de mon temps à dormir, échappant ainsi aux affres de ma naissance, de ma conscience. Des mois plus tard j'ai commencé à agiter les bras et à me contorsionner pour finalement parvenir à ramper. J'ai même essayé de m'appuyer sur mon derrière avant de m'étaler sur le côté ou en arrière, aussi mollement que le mou. A peine parvenais-je à me redresser que déjà je devais me rasseoir, parce que mon corps ne supportait pas la station debout prolongée. Lorsque j'étais assis, j'éprouvais le besoin de me lever, parce que mon corps ne supportait pas la station assise prolongée. Il en fut ainsi tout au long de ma pénible vie… et ce n'est pas tout : à peine commençais-je la journée que déjà il me fallait nourrir et hydrater mon corps, et ce, plusieurs fois par journée, sous peine de le voir faillir et dépérir. Après ça, il y avait une corvée de vidange au cours de laquelle il fallait libérer le corps de ses déchets : c'était tellement moche à voir que l'on ne regardait pas ; on faisait ça dans un coin, à l'abri des regards. Je ne plaindrais pas trop sur ce point, car j'ai vu pire cas : l'espèce à laquelle j'appartenais était bisexuée, si bien que je pus voir avec compassion l'autre sexe, un sexe fort mal constitué qui, s'il ressemblait au mien, était totalement dépourvu d'organe excréteur de l'urine, de sorte que le liquide, débouchant du corps sans organe directeur, s'écoulait directement du corps en le souillant. Assis ou debout, mon corps supportait difficilement l'état dans lequel il était. Assis ou debout, je ne savais pas que faire de mes bras, de mes mains et de mes doigts. Je ne savais pas que faire de mon corps tout entier lorsque j'étais couché ; rite quotidien contraint et forcé : sur le dos ou sur le ventre, sur le côté gauche qui endolorissait le cœur ou sur le côté droit, les bras allongés ou pliés écrasés par le poids du buste, et les jambes aussi contorsionnées, avec toujours la tête lourde et son cou brisé... Je ne savais jamais comment me positionner, si bien que durant le sommeil, mon corps, de lui-même, changeait continuellement de position. Les premières années de ma vie furent consacrées à l'automatisation des gestes élémentaires dédiés au fonctionnement même et à l'entretien du corps. Vint ensuite l'apprentissage de gestes techniques destinés à l'exécution de tâches bien précises et à la manipulation d'outils concourants à la survie pure et simple : ces gestes étaient aussi peu ergonomiques que les gestes innés, et c'est par décennies qu'il fallait compter pour espérer améliorer la gestuelle acquise et innée, afin d'allier l'efficacité à l'équilibre et au confort du corporel. Il fallait toute une vie pour parfaire sa posture et ses gestes, pour finalement devoir tout oublier, voir son corps déchoir et redevenir impotent. Le moindre laisser-aller était fatal aux connaissances laborieusement emmagasinées, la moindre faute d'attention pouvait avoir des conséquences désastreuses. Toute la vie n'était qu'une lutte acharnée pour se maintenir au-dessus de sa propre disparition, C'était horrible ! Pour survivre, je devais incorporer des animaux dans mon corps. — Entiers ?! — En morceaux ! — Vivants ?! — Morts ! Je ne sais pas si c'est pire ou si c'est mieux, mais c'était l'horreur, parce qu'en plus, il fallait les avaler faisandés, c'est-à-dire légèrement décomposés, quand les chairs étaient suffisamment attendries. — Eh bien ! Tu reviens de loin ! — Pas de loin ! De bas... de très bas ! — Et maintenant, qu'est-ce qui nous attend ? — Je ne le sais pas, mais je sais à présent une chose : naître ou ne pas naître, là n'est pas la question.

Table of Contents
Genèse 2 La condition humaine 10 La révélation 26 Le monde d'aujourd'hui demain 34 Homo erectus 73 Le plus grand cinéma du monde 89 Virus ethnique 102 L'espèce supérieure 117 Un amour d’humanité 136 Les cadeaux maudits 154 Le genre humain : type 2 167 Confection 180 A.O.C. 192 Ultimatum 199

 

Click To View

Additional Books


  • A Guide To the Hidden Wisdom of Kabbalah (by )
  • Attaining the Worlds Beyond (by )
  • Basic Concepts in Kabbalah (by )
  • Kabbalah, Science and the Meaning of Lif... (by )
  • The Kabbalah Experience (by )
  • The Path of Kabbalah (by )
  • The Science of Kabbalah (Pticha) Volume 1 (by )
  • Interview with the Future (by )
  • Introduction to the Book of Zohar Volume 2 (by )
  • The Open Book (by )
  • Selected Poetry 
  • I Was Walking through a Bookstore the Ot... 
Scroll Left
Scroll Right

 



Copyright © World Library Foundation. All rights reserved. eBooks from Project Gutenberg are sponsored by the World Library Foundation,
a 501c(4) Member's Support Non-Profit Organization, and is NOT affiliated with any governmental agency or department.